Banque mondiale : Maurice doit transformer son économie et son administration pour réussir la Vision 2050

Publié le : 8 October 2026 à 12:53

Maurice doit désormais adapter son modèle économique aux nouveaux défis de la croissance. C’est le constat du rapport 2026 de la Banque mondiale, présenté hier à Port-Louis sous le titre « Riding the Next Wave ».

L’institution identifie plusieurs freins, notamment une concurrence encore limitée dans certains secteurs, des investissements qui ne sont pas toujours orientés vers les activités les plus productives, un déficit de compétences et une participation insuffisante d’une partie de la population au marché du travail.

Le rapport met également en lumière le vieillissement démographique, la pression sur la main-d’œuvre ainsi que les retards observés dans certains secteurs stratégiques, notamment le port, le numérique et l’énergie.

Face à ces défis, la Banque mondiale propose une série de réformes visant à renforcer la productivité, stimuler l’investissement privé, développer les compétences et améliorer l’environnement des affaires.

Selon ses simulations, ces mesures pourraient se traduire par une hausse du PIB réel de près de 6,7 % à l’horizon 2050.

Le rapport de la Banque mondiale fournit plusieurs indicateurs illustrant les défis auxquels Maurice est confrontée.

Dans le secteur textile, la part du pays dans les exportations mondiales est passée de 0,2 % en 1995 à seulement 0,05 % en 2023.

Plus largement, 69 % des 672 activités économiques étudiées présentent un niveau de concentration élevé, tandis que les entreprises publiques représentent environ 8,3 % de l’activité économique.

Le marché du travail présente également un paradoxe. Alors que certains secteurs peinent à recruter, 51 % des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur cités dans le rapport sont sans emploi, sans études ni formation.

Le pays aurait par ailleurs besoin d’environ 5 000 professionnels de l’informatique supplémentaires chaque année, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la science des données et de la cybersécurité.

La Banque mondiale estime aussi que les responsabilités familiales demeurent un frein important à l’emploi des femmes.

Parmi les pistes identifiées figurent le développement des services numériques et financiers spécialisés, de la pharmacie, des dispositifs médicaux et de la biotechnologie, ainsi qu’un meilleur accompagnement numérique des PME.

Le port et le secteur de l’énergie sont également concernés, avec des recommandations portant sur la compétitivité portuaire, la gouvernance du Central Electricity Board (CEB) et les appels d’offres énergétiques.

Le gouvernement entend, de son côté, inscrire ces transformations dans la Vision 2050 et le National Development Plan 2035.

Selon les simulations de la Banque mondiale, les réformes pourraient augmenter le PIB réel de 5,15 % en 2035 et de 6,68 % en 2050 par rapport à un scénario sans nouvelles réformes.