Ritish Ramful : « Le succès ou l’échec de l’AfCRA dépendra de nous, les Africains »

Publié le : 8 October 2026 à 12:12

L’Afrique veut désormais peser davantage sur la manière dont son risque financier est évalué. L’Africa Credit Rating Agency, l’AfCRA, a été officiellement lancée hier à Maurice, où elle établira son siège. Portée par l’Union africaine et l’African Peer Review Mechanism, cette nouvelle agence privée et indépendante entend proposer une évaluation du risque de crédit davantage fondée sur les réalités, les données et les spécificités économiques du continent.

L’AfCRA aura notamment pour mission d’évaluer les États, les entreprises et les entités publiques africaines. Elle se veut complémentaire des grandes agences internationales telles que Moody’s, S&P Global et Fitch, en apportant aux investisseurs une analyse supplémentaire du risque africain.

Lors du lancement, le ministre des Affaires étrangères, Ritish Ramful, a placé cette initiative au cœur d’un enjeu plus large : permettre à l’Afrique de mieux faire entendre sa propre lecture du risque souverain. Selon lui, l’AfCRA doit proposer des évaluations davantage adaptées au contexte et au potentiel des économies africaines.

Le système actuel fait depuis plusieurs années l’objet de critiques sur le continent, notamment concernant la manière dont le risque africain est perçu et son impact sur les conditions d’emprunt. L’AfCRA ambitionne ainsi d’apporter une perspective africaine supplémentaire, avec l’objectif de renforcer la confiance des investisseurs et de contribuer au développement des marchés de capitaux du continent.

Mais pour que cette nouvelle agence puisse s’imposer, la crédibilité sera déterminante. Ritish Ramful insiste ainsi sur deux principes essentiels : l’indépendance et la rigueur. L’AfCRA devra démontrer qu’elle peut produire des analyses solides, transparentes et crédibles, y compris lorsqu’elles ne correspondent pas aux attentes des gouvernements africains.