Motion de caution de Mamy Ravatomanga : la défense attaque les risques invoqués par la FCC
La bataille autour de la remise en liberté sous caution de Mamy Ravatomanga est entrée dans sa phase finale devant la Bail and Remand Court (BRC). Dans ses soumissions, la défense, menée par Me Khushal Lobine et Me Amira Peeroo, conteste aussi bien la solidité des accusations provisoires que les trois risques sur lesquels la Financial Crimes Commission (FCC) s’appuie pour maintenir son opposition : la fuite, l’interférence avec des témoins et la manipulation de preuves.
Pour la défense, un élément reste central : après plus de dix mois d’enquête, aucune accusation formelle n’a encore été déposée et aucune date de procès n’est fixée. Elle soutient aussi que plusieurs éléments concernant les deux accusations provisoires de blanchiment n’ont toujours pas été confrontés à Mamy Ravatomanga. Paramhans Aleear avait notamment reconnu que certaines preuves liées à Madarail, Samcrete, au blé, au Boeing et au litchi étaient toujours en cours de compilation ou d’analyse.
Sur le risque de fuite, la FCC maintient que Mamy Ravatomanga dispose d’importants moyens financiers, de connexions internationales et d’une capacité à quitter le territoire. Elle avait aussi évoqué des embarcations qui n’auraient pas été localisées.
La défense insiste que ses passeports sont entre les mains du Passport and Immigration Office, qu’aucune tentative de fuite n’a été constatée entre son arrivée et son arrestation et qu’il entretient des liens économiques à Maurice depuis des décennies. Paramhans Aleear a lui-même reconnu qu’il s’agit d’un homme d’affaires de longue date à Maurice.
l’interférence avec les témoins et les preuves. La FCC s’appuie notamment sur un téléphone présumé non retrouvé, un « money trail » toujours en cours et une supposée instruction de supprimer des messages. Mais la défense fait valoir qu’une grande partie des documents bancaires, appareils électroniques et données a déjà été saisie et se trouve sous contrôle de la FCC.
Enfin, la santé de Mamy Ravatomanga demeure au cœur des arguments. La défense souligne l’absence de médecin présent 24 heures sur 24 à Melrose et ses problèmes cardiaques, alors que la prison affirme disposer d’une ambulance, de soins d’urgence et d’équipements médicaux. La défense a aussi évoqué les difficultés rencontrées par Me Khushal Lobine pour rencontrer Mamy Ravatomanga à Melrose afin de préparer la motion. L’affaire avait été portée en urgence devant la Cour suprême, qui a ordonné au Commissaire des prisons de permettre la consultation, sous surveillance visuelle mais hors de portée d’écoute.
Le Bar Council, par la voix de son président Me Antoine Domingue, avait également réagi, estimant que la question touchait plus largement au droit d’un avocat de consulter confidentiellement son client détenu.
Le verdict sera rendu le 12 octobre prochain.