Pétrole : Ormuz sous pression, Bab el-Mandeb menacé — le scénario du double verrou se rapproche

Publié le : 12 September 2026 à 12:32
Par La Redaction

Le marché pétrolier mondial pourrait être confronté à un scénario particulièrement inquiétant : deux des passages maritimes les plus stratégiques de la planète simultanément sous pression, de part et d'autre de la péninsule arabique.

D'un côté, le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Le trafic y reste fortement perturbé par le conflit entre les États-Unis et l'Iran et les attaques contre les navires.

De l'autre côté, une nouvelle menace apparaît désormais en mer Rouge. Les rebelles houthis, alliés de l'Iran, ont progressé sur la côte occidentale du Yémen, renforçant leur position à proximité du détroit de Bab el-Mandeb. Ce passage relie le golfe d'Aden à la mer Rouge et constitue une porte d'entrée essentielle vers le canal de Suez.

Le problème pour le marché pétrolier est que ces deux détroits ne peuvent pas être considérés séparément. Face aux difficultés à Ormuz, l'Arabie saoudite peut notamment acheminer davantage de pétrole par son oléoduc Est-Ouest jusqu'à Yanbu, sur la mer Rouge, afin d'éviter le détroit. Mais si Bab el-Mandeb devient à son tour une zone dangereuse pour la navigation, une partie de cette stratégie de contournement pourrait elle-même être fragilisée.

Autrement dit, Ormuz sous pression à l'est et Bab el-Mandeb menacé à l'ouest pourraient créer ce que les marchés redoutent désormais : un double verrou autour de la péninsule arabique.

Et les prix réagissent déjà fortement. Le Brent a clôturé jeudi à environ 107 dollars 60 le baril, tandis que le WTI américain dépassait 102 dollars. Sur la semaine, le pétrole affiche une progression spectaculaire, alimentée non seulement par la prime de risque géopolitique, mais désormais par des perturbations physiques du transport et de l'approvisionnement.

Il faut toutefois rester prudent : Bab el-Mandeb n'est pas actuellement fermé. Mais le simple risque d'une extension des hostilités à cette route maritime suffit à inquiéter les opérateurs.

Car si Ormuz et Bab el-Mandeb étaient gravement perturbés en même temps, les conséquences dépasseraient largement le Moyen-Orient. Transport maritime plus coûteux, assurances en hausse, détours des pétroliers, délais d'approvisionnement : toute la chaîne énergétique mondiale pourrait être affectée.

Dans ce contexte, le scénario d'un Brent à 120 dollars le baril devient de plus en plus crédible en cas de nouvelle escalade.

Après Ormuz, les marchés surveillent donc désormais Bab el-Mandeb. Deux détroits, deux points de tension et, potentiellement, un nouveau choc pétrolier mondial.