Langues au Parlement : le T3D réclame une reconnaissance égale et saisit la Commission des droits humains
L’introduction du kreol morisien à l’Assemblée nationale doit s’accompagner d’une reconnaissance des autres langues historiques de Maurice. C’est la demande de Tamil Duty, Dignity, Discipline, le T3D, dans un mémoire remis le 14 septembre au bureau du Clerk de l’Assemblée nationale et à la National Human Rights Commission.
L’organisation réclame que le tamoul, le bhojpuri, l’hindi, le marathi, le télougou, l’ourdou et le mandarin bénéficient de la même reconnaissance parlementaire envisagée pour le kreol morisien. Elle considère ces langues comme pleinement mauriciennes, en raison de leur enracinement historique et de leur contribution à la construction du pays.
Pour soutenir cette demande, le T3D invoque notamment la présence tamoule à Maurice dès le XVIIIᵉ siècle. Il estime que le nombre de locuteurs ne doit pas être le seul critère de reconnaissance. Citant plusieurs expériences étrangères, l’organisation soutient qu’un statut officiel peut contribuer au renouveau d’une langue minoritaire.
Le T3D conteste également ce qu’il présente comme une asymétrie dans l’article 49 de la Constitution, qui permet l’usage du français en plus de l’anglais au Parlement. Selon lui, cette reconnaissance historique devrait être étendue aux autres langues ayant façonné la société mauricienne.
L’organisation redoute qu’une réforme limitée au kreol morisien n’instaure une hiérarchie entre les langues du pays. Elle invoque les principes de non-discrimination et de protection des minorités linguistiques, en se référant à la Constitution et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Concrètement, le T3D demande l’élargissement du mandat du Select Committee, une participation équitable des communautés concernées et une évaluation sociolinguistique indépendante des effets d’une reconnaissance sélective.
Il propose aussi d’étudier les modèles parlementaires multilingues étrangers et les outils numériques d’interprétation. Enfin, il réclame une feuille de route constitutionnelle progressive, afin que l’introduction du kreol morisien laisse ouverte la reconnaissance des autres langues mauriciennes.
Source : communiqué du T3D. T3D_Communiqué de presse_Introduction du KM au Parlement_15.09.2026.pdf