Journée mondiale de la mer : L’ONG Save the blu plaide pour un océan mauricien mieux surveillé et plus résilient
Une crise à plusieurs milliers de kilomètres peut finir par peser directement sur l’économie mauricienne. Les perturbations sur les grandes routes maritimes, notamment autour du détroit d’Ormuz, rappellent à quel point Maurice reste dépendante des échanges par mer.
Lorsque les routes les plus courtes deviennent plus risquées, les navires sont contraints de modifier leurs itinéraires, avec davantage de carburant, de temps de navigation, de frais d’assurance et de fret. Le Cap de Bonne-Espérance peut alors redevenir un axe stratégique entre l’Asie, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Europe.
Pour Maurice, l’enjeu est majeur. En 2025, 90,8 % des besoins énergétiques primaires du pays provenaient de combustibles importés, tandis que les importations énergétiques représentaient environ Rs 71,4 milliards. Toute perturbation prolongée peut ainsi se répercuter sur le transport, l’électricité, le fret, la pêche ou encore le coût des produits alimentaires.
Cette vulnérabilité intervient au moment où l’activité maritime mauricienne progresse. Pour l’exercice 2024-2025, la Mauritius Ports Authority fait état d’une hausse de 14,6 % du commerce portuaire, de 17,7 % du trafic de navires et de 42,7 % des activités de soutage.
Mais davantage de navires signifie également davantage de pression sur l’environnement marin : émissions, bruit sous-marin, occupation des espaces et risques de collision avec la faune. Cachalots, baleines à bosse, dauphins et autres espèces partagent en effet ces mêmes zones avec les activités de pêche, de tourisme et de transport maritime.
Pour #Savetheblu, la réponse passe notamment par une meilleure observation de l’espace maritime : hydrophones, données AIS, informations océanographiques, observations des pêcheurs et des opérateurs de whale watching pourraient être regroupés afin de mieux comprendre les changements en cours.
L’organisation plaide ainsi pour une approche où développement économique et protection de l’océan avancent ensemble. À travers la Mission Colibri, elle dit avoir réuni des expertises mauriciennes, européennes et indiennes autour des sciences marines, de l’acoustique, de l’océanographie et des données maritimes.
Le défi est désormais clair : faire de la connaissance, de la surveillance et de l’anticipation une véritable infrastructure au service de l’économie bleue mauricienne.