Productivité : l’experte japonaise Izumi Ohno livre ses enseignements pour renforcer la performance de Maurice
Faire mieux avec les ressources disponibles plutôt que simplement investir davantage. C’est le message central de la professeure japonaise Izumi Ohno, experte en développement industriel, en visite à Maurice dans le cadre du programme JICA Chair 2025-2026.
Face aux défis de la transformation économique, elle appelle à placer la productivité au cœur des politiques industrielles et à tirer pleinement parti des nouvelles technologies.
Durant deux jours d’échanges avec des décideurs publics, des représentants du secteur privé et différents acteurs économiques, la professeure émérite du National Graduate Institute for Policy Studies a partagé les enseignements tirés des expériences du Japon, de Singapour, de la Thaïlande et de l’Éthiopie.
Son constat est clair : adopter de bonnes politiques ne suffit pas. Leur véritable efficacité se mesure à leur mise en œuvre, à leur adaptation aux réalités locales et aux résultats qu’elles permettent d’obtenir.
Parmi les approches mises en avant, le modèle japonais du Kaizen, fondé sur l’amélioration continue, occupe une place centrale. Pour Izumi Ohno, la technologie ne peut pas, à elle seule, transformer la performance d’une entreprise. Elle doit répondre à des problèmes concrets et aller de pair avec une évolution des méthodes de travail et de gestion.
À Maurice, cette réflexion intervient alors que le pays prépare son National Productivity Master Plan. Le ministre de l’Industrie, des PME et des Coopératives, Aadil Ameer Meea, souligne que ce plan devra permettre de réunir les différentes réformes engagées autour de la compétitivité, de la digitalisation, de l’innovation, du développement des compétences et de la modernisation industrielle.
Cette visite de l’Agence japonaise de coopération internationale, organisée en collaboration avec le ministère de l’Industrie et le National Productivity and Competitiveness Council, intervient ainsi à un moment clé.
Pour Maurice, le défi n’est plus uniquement d’investir davantage, mais de transformer plus efficacement les ressources, les compétences et les technologies disponibles en gains réels de productivité et en croissance durable.