Fiscalité des multinationales : l’équilibre délicat entre attractivité et recettes publiques
Attirer les entreprises en réduisant leurs impôts peut stimuler l’investissement. Mais cette stratégie peut aussi fragiliser les recettes de l’État et, à terme, la croissance. C’est l’un des principaux enseignements du chapitre 3 des Perspectives de l’économie mondiale d’octobre 2026 du Fonds monétaire international (FMI).
Le FMI constate que la concurrence fiscale reste importante, particulièrement entre pays ayant un niveau de développement similaire. Elle évolue toutefois sous l’effet des réformes contre l’évitement fiscal : les avantages proposés aux multinationales sont davantage liés à une activité économique réelle.
Selon les estimations présentées, une hausse d’un point de pourcentage du taux d’imposition des sociétés, par rapport aux autres pays, est associée à une diminution cumulée des entrées d’investissements directs étrangers équivalant à environ 0,5 % du PIB sur trois ans. Ce résultat concerne les pays étudiés et ne constitue pas une prévision pour Maurice.
Le rapport souligne également le rôle des actifs immatériels, comme les brevets, les logiciels et les marques. Leur propriété peut être déplacée entre pays pour réduire la facture fiscale, sans transfert équivalent des emplois ou de la production.
Pour le FMI, les bénéfices d’une baisse d’impôts dépendent notamment de son financement. Une réduction des investissements publics pour compenser les recettes perdues peut affaiblir les infrastructures, l’éducation et la productivité. À l’inverse, renforcer les dispositifs contre le transfert artificiel des bénéfices peut préserver les ressources publiques et soutenir l’activité.
Maurice n’est pas explicitement cité dans ce chapitre. Ses conclusions offrent néanmoins une grille de lecture pour examiner les retombées des avantages fiscaux : les investissements attirés, les emplois créés et leur coût pour les finances publiques.