AFFAIRE MAMY RAVATOMANGA : ME KHUSHAL LOBINE CONTESTE LES ARGUMENTS DE LA FCC ET DÉNONCE DES PRESSIONS POLITIQUES DE MADAGASCAR

Publié le : 21 October 2026 à 14:16Mis à jour il y a 3 heures
Dans un entretien accordé au média panafricain Afrik.com, Me Khushal Lobine, avocat de l’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga, conteste plusieurs arguments avancés par la Financial Crimes Commission (FCC) pour justifier le maintien en détention de son client. Il soulève notamment des interrogations sur les allégations de fuite par voie maritime, les supposés appels téléphoniques depuis la prison et l’influence présumée des autorités malgaches sur la procédure.
Détenu à Maurice depuis le 24 octobre 2025, Mamy Ravatomanga s’est vu refuser, le 12 octobre dernier, sa deuxième demande de libération sous caution. Sa défense prépare désormais un nouveau recours judiciaire.
Des attaches solides à Maurice, selon la défense
Me Lobine affirme que plusieurs éléments nouveaux démontrent les liens durables de son client avec Maurice. Sa fille, son gendre et leurs deux enfants résident dans l’île depuis 2023 et disposent de permis de résidence valables jusqu’en 2033. Leur bail a été renouvelé jusqu’en juillet 2028.
L’avocat rappelle également que Mamy Ravatomanga entretient des relations commerciales et bancaires avec Maurice depuis 1995. Il souligne que son client a volontairement remis ses passeports aux autorités mauriciennes, une démarche qui devrait, selon lui, être prise en considération dans l’évaluation du risque de fuite.
Projet de fuite et appels depuis la prison contestés
Concernant un prétendu projet de fuite par la mer, Me Lobine remet en question un document attribué aux autorités malgaches évoquant trois bateaux qui appartiendraient à son client. Selon l’avocat, ce document n’aurait pas été formellement produit devant la Cour et son contenu n’aurait pas pu être vérifié par la défense. Mamy Ravatomanga conteste être propriétaire de ces embarcations.
L’avocat rejette également les soupçons selon lesquels son client aurait passé des appels téléphoniques non autorisés depuis la prison. Il soutient qu’aucun téléphone n’a été retrouvé en sa possession et qu’aucune image de vidéosurveillance ni aucun témoignage ne lui a été présenté pour établir son implication.
La rencontre avec Junaid Fakim
Sur la rencontre du 14 octobre 2025 à Quatre-Bornes avec Junaid Fakim, alors commissaire de la FCC, Me Lobine affirme que son client cherchait simplement à constituer son équipe juridique.
Il insiste sur le fait que Mamy Ravatomanga n’était, à cette date, sous le coup d’aucun mandat d’arrêt et qu’il lui était légalement possible de consulter un avocat.
Des pressions politiques dénoncées
L’avocat estime par ailleurs que le changement de régime à Madagascar a donné une dimension politique à cette affaire.
Il rappelle que le nom de Mamy Ravatomanga avait été évoqué comme possible candidat à une future élection présidentielle malgache.
Me Lobine met également en avant les déclarations de la ministre malgache de la Justice concernant une prétendue réouverture d’une enquête du Parquet national financier français. Selon lui, cette affirmation a été contredite par une confirmation officielle du parquet français.
Enfin, sur l’éventualité d’une extradition vers Madagascar, l’avocat souligne qu’aucune remise aux autorités malgaches ne saurait être automatique et que toute procédure devrait respecter les garanties du droit mauricien.
La défense maintient ainsi sa contestation des motifs invoqués pour refuser la libération sous caution et entend explorer les voies de recours disponibles, y compris une éventuelle saisine du Privy Council.
Mamy Ravatomanga demeure présumé innocent des accusations provisoires portées contre lui.
Lire l’entretien intégral de Me Khushal Lobine



See less