Diego Garcia : Londres rejette la proposition de vendre la base aux États-Unis pour six milliards de livres
Le gouvernement britannique maintient les discussions sur l’archipel des Chagos, mais toute solution devra recueillir le soutien des États-Unis. C’est ce qu’a confirmé le secrétaire à la Défense, Wes Streeting, le lundi 19 octobre, à la Chambre des communes. Aucun calendrier de mise en œuvre n’a toutefois été annoncé.
Interpellé sur l’avenir de Diego Garcia, le secrétaire à la Défense britannique a souligné l’importance stratégique de cette base pour Londres et Washington. Il a expliqué que le Royaume-Uni travaillait avec Maurice et les autorités américaines afin de parvenir à un accord acceptable par toutes les parties, y compris Donald Trump.
Wes Streeting a également défendu la nécessité de lever l’incertitude juridique entourant la base. Selon lui, ses capacités militaires rendent trop risqué le maintien d’une situation juridiquement incertaine. Il a rappelé que plusieurs Premiers ministres conservateurs avaient eux aussi cherché à régler ce dossier.
Le ministre a par ailleurs rejeté la proposition du député conservateur Edward Leigh de vendre la base aux États-Unis pour six milliards de livres sterling. Il privilégie un accord avec Washington et Port-Louis.
Ces déclarations ne signifient cependant pas que le traité signé en 2025 entre en application. Celui-ci prévoit la reconnaissance de la souveraineté mauricienne sur l’archipel, tout en garantissant l’utilisation militaire britannique de Diego Garcia pendant une période initiale de 99 ans.
Le processus a néanmoins été suspendu après le changement de position américain. Le texte législatif destiné à mettre en œuvre l’accord est devenu caduc à la fin de la précédente session parlementaire.
Prochain rendez-vous : vendredi 23 octobre. Les Lords doivent examiner un projet de loi d’initiative parlementaire visant à restreindre tout transfert de souveraineté, notamment en exigeant le consentement des Chagossiens et l’adoption d’une loi britannique. Ce texte est distinct de l’accord conclu avec Maurice et n’a pas encore force de loi.