Beekrumsing Ramlallah, le gardien de la mémoire des travailleurs engagés
Beekrumsing Ramlallah, considéré comme le père de l’Aapravasi Ghat, était journaliste et homme politique. Il a consacré une grande partie de sa vie à préserver la mémoire des travailleurs engagés à Maurice. Un combat contre l’oubli dont l’héritage demeure vivant, notamment à travers les archives historiques de l’immigration qu’il s’est battu pour sauver.
« Si les archives de l’immigration existent encore aujourd’hui, c’est grâce à lui. » Un témoignage poignant de sa fille, Sadnah, qui revient sur la détermination de son père face à l’indifférence et au risque de voir disparaître une partie essentielle de l’histoire mauricienne.
À l’époque, ces précieux documents étaient laissés à l’abandon, rongés par la moisissure et exposés aux intempéries. Face à cette situation, Beekrumsing Ramlallah avait mobilisé les jeunes de sa famille pour nettoyer les lieux et multiplié les démarches afin de trouver un endroit sûr où conserver les archives. Son objectif était de permettre aux générations futures d'accéder à cette mémoire collective.
Mais au-delà de son combat public, c’est aussi un homme de valeurs que ses enfants retiennent. À la maison, la discipline, le respect et la spiritualité occupaient une place centrale. La prière du dimanche réunissait la famille, tandis que le foyer restait ouvert à ceux qui venaient chercher des conseils, partager leurs difficultés ou simplement échanger avec lui.
Pour Beekrumsing Ramlallah, servir la population était bien plus qu’un engagement professionnel ou politique : c’était une responsabilité envers la société. Une vision qu’il transmettait également à ses enfants, en les encourageant à s’intéresser aux réalités sociales et politiques du pays, à poser des questions et à développer leur propre réflexion.