Délinquance des mineurs : la prison n’est pas un lieu de réhabilitation, avertissent des acteurs de la société civile

Publié le : 25 October 2026 à 08:35Mis à jour il y a 14 minutes

Le débat sur la délinquance des mineurs prend une nouvelle dimension à Maurice, après les récents troubles qui ont secoué l’île et impliqué de nombreux jeunes. Le Conseil des ministres a décidé d’examiner la possibilité d’abaisser de 14 à 12 ans l’âge de la responsabilité pénale, à travers une éventuelle modification du Children’s Act 2020. Un « Select Committee » devrait prochainement se pencher sur les causes profondes de la délinquance, de la violence chez les jeunes et la pertinence d’une telle réforme. 

Toutefois, cette perspective divise. Plusieurs acteurs de la société civile plaident pour des alternatives à l’emprisonnement, privilégiant la prévention, l’accompagnement psychologique et la réhabilitation.

Pour Saoud Muthy, psychothérapeute et travailleur social de l’ONG Kinouété, une évaluation de chaque jeune est indispensable, notamment de son environnement familial, de son exposition à la drogue et de ses difficultés scolaires, parmi d’autres. Quant à l’abaissement de l’âge de la responsabilité pénale pour régler les problèmes, sa réponse est claire : « I don’t think so. »

Il préconise une approche au cas par cas et s’interroge sur l’avenir de ces mineurs, alors que certaines structures, dont le Correctional Youth Centre (CYC), sont déjà confrontées à des problèmes de capacité.

L’ancien commissaire de police Dev Jokhoo met, lui aussi, en garde contre l’emprisonnement des mineurs. Il compare la prison à une « université » de la criminalité, où les jeunes risquent de ressortir davantage influencés que réhabilités.

Même constat du Senior Counsel Rama Valayden, pour qui la prison n’est pas un lieu de réhabilitation pour les mineurs.