Réforme constitutionnelle : Shafick Osman propose 12 piliers pour une « île Maurice décolonisée »

Publié le : 27 October 2026 à 10:17Mis à jour il y a 1 heure
Par Yeshoda Keenoo

Repenser les fondements de la République, revoir le système électoral, redéfinir les pouvoirs du président ou encore accorder une place plus importante au Kreol Morisien dans les institutions. Ce sont quelques-unes des propositions avancées par Shafick Osman dans le cadre de la réforme constitutionnelle à Maurice. Le docteur en géopolitique affirme avoir soumis, le vendredi 23 octobre, un mémorandum de 12 piliers à la Commission de révision constitutionnelle.

Intitulé « A Geopolitical Blueprint submitted for a Decolonized Mauritius », le document propose une refonte des institutions afin de renforcer la souveraineté nationale et de poursuivre la décolonisation de l’État mauricien.

Parmi les propositions phares figure une réforme du système électoral, avec le passage à 67 circonscriptions et l’abolition des déclarations communautaires. Shafick Osman préconise également l’élection du président de la République au suffrage universel direct ou par un collège électoral élargi.

Autre proposition : remplacer le Judicial Committee of the Privy Council britannique par une Cour d’appel suprême nationale, tout en créant une armée permanente pour renforcer la défense du territoire et de la zone économique exclusive de Maurice.

Le mémorandum aborde également la représentation de Rodrigues et des autres îles, la réforme du régime foncier, ainsi que l’utilisation des langues au Parlement. Shafick Osman propose notamment d’autoriser l’usage législatif de toute langue parlée par au moins 5% de la population, ce qui permettrait notamment de consacrer une place au Kreol Morisien.

Enfin, Shafick Osman plaide pour une meilleure protection constitutionnelle contre les discriminations fondées sur les codes vestimentaires, notamment lorsqu’ils sont liés à des pratiques culturelles ou religieuses.

Ces propositions s’inscrivent dans une réflexion plus large sur l’organisation de l’État et la souveraineté mauricienne. Leur éventuelle mise en œuvre dépendra toutefois des travaux de la Commission et des décisions qui seront prises dans le cadre du processus de révision constitutionnelle.